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Messages

The Chemical Brothers - dig your own hole

Je ne sais pas trop comment parler d’un album de big beat. Après deux albums de Fatboy Slim, je m’en suis offert un d’un autre grand nom du genre, The Chemical Brothers. J’imagine que cette musique n’est pas faite pour être écoutée à la maison, mais vécue sur une piste de dance, au milieu d’une foule en extase ou en tant que toile de fond d’un trip hallucinogène. J’aime cet album un peu plus que ceux de Norman Cooke, que je trouve passablement ennuyants. Je le situerais à mi-chemin entre l’humeur espiègle de ce dernier et l’énergie destructrice de The Prodigy (groupe que j’apprécie généralement beaucoup plus). Je parle en laïque, évidemment, je ne m’y connais aucunement en musique électronique. Lorsqu’elle vivait ses heures de gloire, à la fin des années 1990, je m’étais enfoncé jusqu’aux yeux dans le metal et le hard rock, je méprisais souverainement toute cette nouvelle vague, non pas pour ce qu’elle était, mais parce qu’elle éclipsait complètement les genres plus acoustiques comme l...
Messages récents

Un premier jour de l'été extrême et réjouissant : Napalm Death, Primitive Man, Portal Tomb et Wiegedood

C’était une journée de début d’été. La chaleur se faisait encore discrète, le climat était agréable, les rues commençaient à se remplir de promeneurs. La torpeur de l’hiver était officiellement chose du passée. Pour quelques mois. Le 1er juin 2026. La splendeur des premiers rayons de soleil d’été jurait drôlement avec la tenue macabre des métalleux rassemblés devant le Théâtre Fairmount. T-shirts noirs décorés de têtes de morts, de visions sordides, de scènes traumatisantes, de paysages désolants. Visages contemplatifs, calmes, recueillis ou alors joviaux et moqueurs. Une ambiance de tolérance et de paix qui formait un joli contraste avec l’esthétique violente qui couvrait les corps. Aujourd’hui, on voyait un groupe spécial, unique en son genre. Napalm Death, les parrains du grindcore, ce curieux mélange de punk hardcore et de death metal, qui savent marier la rage et l’horreur à une drôlerie loufoque. Un groupe que j’avais vu pour la dernière fois en 2011, en compagnie de Therapy?, un...

Mathieu Bablet, Silent Jenny

Silent Jenny de Mathieu Bablet (Rue de Sèvres, Paris, 2025) est un album de bandes dessinées qui situe son action dans un univers postapocalyptique. Il s’inscrit en bon élève dans la longue tradition des récits d’inspiration cyberpunk, ceux qui narrent un monde primitif ayant survécu à l’effondrement de notre civilisation hyper-technologique. Le lieu du récit est une contrée désertique sillonnée par des espèces de bateaux terrestres appelés monades , c’est-à-dire d’imposants véhicules tous terrains en constant déplacement qui transportent sur leurs roues tout un immeuble résidentiel.  Une des monades se nomme d’ailleurs Cité radieuse , clin d’œil au célèbre ensemble architectural de Le Corbusier à Marseille. Le monde est désormais la propriété d’une seule entreprise, Pyrrhocorp, qui mandate certaines personnes pour qu’elles aillent dénicher et prélever des traces d’ADN d’abeilles, le but étant visiblement de repeupler la terre d’abeilles, espèce largement disparue, ce qui explique...

J’ai acheté… Paris combo (album éponyme, 1997)

Cette fois-ci, sans commentaire, faute de temps. Du jazz manouche a priori assez prévisible, mais tout de même bien fait, avec des paroles intelligentes qui transportent et intriguent, et une belle voix distinctive. Des chansons sans grande prétention qui pourtant laissent une trace profonde chez l'auditeur, notamment On n'a pas besoin , un des grands tubes du groupe. De la délicieuse ambiance de Paris en automne.

Corail et Douance : l’inquiétante sérénité

 Le 30 mars 2026, les groupes québécois Douance et Corail se sont produits sur la petite scène du club Verre bouteille , dans le Plateau-Mont-Royal, à Montréal. C’était une soirée de fin d’hiver, où le printemps n’avait pas encore montré le bout de son nez, mais où l’on sentait déjà le redoux imminent dans l’air. J’ai arpenté l’avenue Mont-Royal, de la station Mont-Royal jusqu’au Verre bouteille . Cela faisait des années que je n’y étais pas passé. Le charme un tantinet inquiétant de cette artère n’avait pas bougé d’un pouce. La transition entre les milieux plus hipster, plus près de la Montagne, et les ruelles plus sombres a été un moment que j’ai été content de revivre. Si je connaissais déjà bien le groupe Douance grâce à leurs deux albums, le groupe Corail m’était presque inconnu. J’en avais tout au plus croisé le nom lors de mes flâneries sur la Toile, mais je savais que ce serait quelque chose de bon, rien qu’en raison de leur alliance avec Douance. J’avais raison : les deux ...

J’ai acheté… Cake - Fashion Nuggets

  J’ai acheté…  Fashion Nuggets de  Cake J’ai déniché un album classique du groupe Cake de 1996, Fashion Nuggets , dans une boutique de CDs et de livres d’occasion de mon quartier, qui est assez bien fournie. Un album qui raconte la solitude, l’isolement ( Open Book ), l’aliénation ( Daria ), l’inadéquation par rapport à la modernité ( Frank Sinatra, The Distance, Stickshifts and Safetybelts ), la déception, voire le dégoût face à la société ( Race Car Ya-Yas, Italian Leather Sofa ) le sentiment d’être abandonné, incompris ( Sad Songs and Waltzes ), exploité par le monde, que ce soit par une femme ( She’ll Come Back to Me, It`s Coming Down, Perhaps, Perhaps, Perhaps, I Will Survive ), dans le cadre d’une relation d’amour ou par les riches et les politiciens ( Nugget ). Un album aux paroles tristes et mélancoliques, mais où l’élégance de la musique confère à l’ensemble une grâce et une luminosité qui donnent de l’espoir, ne serait-ce que celui que la beauté sauvera le mon...

Jean-Charles Harvey – Les demi-civilisés

On considère que ce roman fut un précurseur spirituel de la Révolution tranquille au Québec. Il s’attaque en effet à l’ancien ordre des choses, au conservatisme, voire à l’immobilisme dans lequel baignait le Québec de l’époque (le début du 20 e  siècle). Un monde étouffé par l’église omnipotente, alliée du pouvoir exécutif et du monde des affaires (voire de la contrebande de drogue) : « la triple alliance du capital, du pouvoir civil et des choses saintes ». Par la hardiesse de son réquisitoire contre le statu quo, le roman fit esclandre et gagna du même coup les sympathies de la jeunesse de l’époque. Il fut mis à l’index, et l’auteur fut banni de la profession journalistique pendant un certain temps. On ne s'empêchera pas de noter le caractère quelque peu naïf de certaines envolées polémiques, le ton sermonneur. Ce qui est particulier, et où réside selon moi le principal mérite du livre, c’est le parallélisme entre deux plans narratifs : l’un axé sur le social et ...